Alors que le Tour de France s’est achevé il y a quelques jours et que les scandales du dopage continuent - le coureur italien Riccardo Ricco a avoué le 30 juillet avoir eu recours à l’EPO alors qu’il niait les accusations depuis son exclusion du tour - la question des retombées économiques se pose : le Tour est-il toujours rentable ?
Accueillir le Tour de France : l’intérêt des villes
En dix ans, la demande des municipalités pour accueillir le tour a triplé, et notamment pour organiser le départ. Celui-ci s’effectue d’ailleurs dans des villes de plus en plus éloignées : après Dublin et Londres, la Société du Tour de France aurait été approchée par Budapest, Québec, et même le Japon. Pour les villes moyennes, le Tour de France est une vitrine appréciable puisqu’il permet à la fois d’attirer les amateurs du tour voulant assister à l’étape mais aussi de faire découvrir la ville et ses attraits touristiques à la télévision.
L’organisation d’une étape nécessite un investissement considérable : 50 000 euros pour le départ, 80 000 pour l’arrivée. Une somme en grande partie avancée par les départements et les régions et amortie par les retombées économiques. Cette année, la ville de Cholet a investi environ 180 000 euros pour participer au Tour. En 1998, la mise était de 230 000, pour des retombées s’élevant à 610 000 euros. Et Londres, qui organisait le départ du Tour en 2007, avait récolté 171 millions d’euros pour un investissement initial de deux millions.
Une part d’audience stable
Mais c’est la Société du Tour de France qui bénéficie d’abord de ces retombées. Son bénéfice s’élevait en 2005 à 27,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaire de 90 millions, ce qui représente un taux de rentabilité proche des 30%. Le budget du Tour s’élève aujourd’hui à 100 millions d’euros provenant de quatre sources principales : 4 millions des villes-étapes, 1,5 million de produits dérivés mais surtout 47 millions de partenariats et 45 millions de droits de diffusion télévisuelle.
Une diffusion qui rapporte. A tel point que les chaînes allemandes ARD et ZDF qui avaient juré de ne plus diffuser le Tour suite à l’affaire Sinkewitz (un espoir allemand exclu pour dopage) en 2007 ont décidé de retransmettre à nouveau le Tour cette année. Quant au groupe France Télévisions, il a signé l’hiver dernier un contrat de partenariat jusqu’en 2013 pour 23 millions d’euros par an.
Car depuis la baisse de 1,5 millions de téléspectateurs en 1998 (lors de l’expulsion de Richard Virenque et de l’équipe Festina), l’audience du Tour est toujours stable, à un peu plus de 3 millions de téléspectateurs quotidiens. Cette année, France 2 a enregistré une part d’audience de 37,9% (pour 38,6% en 2007), ce qui représente une part d’audience de 3,4 millions de personnes chaque jour.
Les sponsors toujours présents
Malgré les scandales majeurs liés à certaines grandes marques comme Festina ou Cofidis, seules trois ont décidé de ne plus sponsoriser le Tour pour des « raison éthiques » : Casino, Adidas et Telekom. Le Tour de France est en effet une occasion excellente de passer à la télévision pour les marques, qui sont prêtes à débourser des sommes considérables : de trois à cinq millions d’euros pour faire partie du « Club Tour de France » (Vittel, Champion, LCL, Skoda), de un à deux millions d’euros pour être partenaire (Orange, PMU…) et de 300 000 à 900 000 euros pour avoir le statut de fournisseur comme Cochonou, La Vache qui rit ou Haribo. Avec plus de 120 heures d’exposition télévisuelle, le sponsoring est particulièrement rentable : Skoda estime avoir doublé le nombre d’immatriculations de ses voitures en France depuis qu’il parraine le Tour.
Sources :
Tour de France : au business, le dopage de nuit pas - Rue89, 5 juillet 2008
Audience du Tour de France 2008 - Direct-Live, 29 juillet 2008
Cholet accueille le Tour les 8 et 9 juillet - MaVille, le 26 octobre 2007
http://blogs.ionis-group.com/iseg/strasbourg/sport/